Qu'est-ce que je fais de mon joli diplôme ?

Par Marion Bellet
Vakom Bordeaux Bègles

Avoir un diplôme, c’est toujours valorisant pour soi, mais aussi pour son entourage. Dans la pensée commune, avoir un diplôme, c’est encore avoir réussi sa vie. C’est un achèvement dans le travail de l’étudiant. Il montre qu’il a des compétences et des qualités dans un domaine. 

Mais est-ce que je choisis vraiment mon orientation professionnelle ? Qu’est-ce qui peux m’influencer dans mes choix ? Est-ce que je sais ce que je veux faire ? Quels sont mes leviers de motivation ? Qui je veux être ? Quelles possibilités s’offrent à moi avec ce diplôme ? Et quel sera le « bon choix » ?

Ce sont autant de questions que je me pose aujourd’hui à la charnière de ma vie étudiante et de ma vie professionnelle.

Quand je grandis, mon orientation est influencée par mon environnement.

Quant à peine sorti de la puberté, ON me demande de faire un choix d’orientation professionnelle… ça me donne des boutons… (et est-ce que j’ai besoin de ça…).

Par ON, j’entends : la famille, les proches, le collège, le lycée, plus généralement : toute forme de vie adulte et figures d’autorités m’entourant, qui eux, ont l’impression que je n’en ai rien à faire. Ce n’est pas tout à fait ça, donnons plutôt la faute au cortex pré frontal de mon cerveau d’ado qui est encore en plein développement, puisqu’il est notamment le siège de la prise de décision. Bravo à lui… Et puis c’est un choix qui nous semble tellement crucial de décider de sa vie, de son avenir, là, toute suite, maintenant.

Nos choix sont d’ailleurs souvent orientés par les modèles qui nous entourent.

Inconsciemment, involontairement, volontairement… nous sommes influencés par ce que nous voyons, vivons, entendons. Et là deux directions :

  1. Trop bien, j’ai trouvé mon orientation professionnelle, ma vocation, ce qui me fait vibrer. 
  2. Ouf, j’ai trouvé une école, parcours sup est passé, j’ai trouvé mon orientation… ou pas (mais, ça tu t‘en rendra peut-être plus compte dans quelques mois)

Il y a aussi la pression de l’entourage qui peut jouer un rôle dans notre orientation malgré nous. On se souvient forcément du stéréotype « fais des études pour ne pas finir comme … » Cette phrase axe davantage l’orientation professionnelle sur la réussite financière que sur la réussite humaine. Il y a aussi cette phrase toute faite : « les diplômes, c’est la sécurité de l’employabilité ». C’est généralement vrai, mais qui me guide vers ce diplôme ? Mon cerveau ou mon entourage ? La bonne question à se poser ne serait-elle pas alors « qu’est-ce que je veux faire et comment je veux le faire » plutôt que « qu’est-ce que je dois faire ».

Je ne veux pas te saboter le moral, mon rôle n’est pas là ! Ce que j’explique juste au-dessus, j’en parle en connaissance de cause parce que je l’ai vécu : ce choix si compliqué d’une profession (parce que ça avait l’air cool), des études (cool), et le joli diplôme maintenant accroché au mur avec un nom qui claque. 

J’ai le sentiment de décrire un rayon de supermarché, avec des offres en têtes de gondoles, des packaging alléchants, des promesses de résultats. Comment ne pas succomber à l’appel des sirènes ? 

J’ai eu le sentiment d’y avoir beaucoup BEAUCOUP réfléchi pourtant ! Et j’ai aimé ces années d’études, ho que oui !

Du coup, quand j'ai fini mes études, quelle orientation professionnelle je souhaite prendre ?

A la fin de l’histoire … je n’ai pas su quoi faire de ce joli diplôme mis à part l’accrocher sur un mur ou le ranger dans un tiroir. En vérité, sauf si je n’ai pas suivi le bon, l’école ne m’a pas préparé à ça. 

« ÇA » , cet « après l’école ». La vie d’adulte tant désirée, imaginée et idéalisée. L’école me prépare à avoir un bagage de connaissance sur plusieurs disciplines. Mais qu’en est-il du relationnel, de ce qui nous motive à nous dépasser, de ce qui nous plaît ? Les jeunes étudiants se sentent parfois perdus voir abandonnés par l’école qui (jusque-là) les encadrait.

Quelles sont les bonnes questions à se poser pour choisir une bonne orientation ?

Ce dont je me suis rendu compte quelques années plus tard, c’est que mon joli diplôme pouvait me permettre d’exercer plein de métiers, de différentes manières, dans différentes structures et avec des évolutions très nombreuses. 

Je ne m’étais pas posé les bonnes questions sur mon orientation à la sortie de mes études. J’aurais même dû anticiper ce questionnement. Mais entre : être confrontée aux regards de ma famille et devoir leur dire que je ne sais pas ce que je vais faire après mes études et avouer aux copains de promo que mon horizon, je le vois flou (et eux ?), j’ai choisi le « ho, je verrai bien ». 

Pourtant, anticiper mon cheminement m’aurait fait gagner beaucoup de temps. Je l’ai compris un peu plus tard, avec mon joli diplôme, j’aurais pu m’éclater ! Sans parler de ce syndrome d’imposteur que nous pouvons souvent ressentir à la sortie des études (et avec le recul : mais pourquoi d’ailleurs ?).

Comment ces questions ont changé mon orientation professionnelle ?

C’est vrai qu’après avoir accroché mon joli diplôme au mur, je ne savais pas vraiment quoi en faire. Je me cherchais encore… Est-ce que je voulais continuer dans cette voie ? Avais-je fait les bons choix ? Mon joli diplôme en valait-il la peine ? Ces questions m’ont suivies pendant des années. Elles m’ont même fait changer d’orientation pour rejoindre un réseau qui partage ces problématiques. 

Et j’ai découvert Vakom (on dirait une pub pour un yaourt qui va me permettre de me sentir mieux…). J’ai surtout découvert des hommes et femmes dont la mission de vie est d’accompagner, d’être objectif et critique sur mon orientation. 

Aujourd’hui, j’ai rejoint cette équipe et j’en suis fière, car j’accompagne les jeunes dans leur orientation, j’aide les jeunes diplômés à choisir leur voie et à utiliser leur joli diplôme.

Le bilan jeune, c’est ça : permettre d’accompagner sur le choix d’orientation supérieur pour être aligné avec ses envies, mais aussi avec son mode de fonctionnement (notamment grâce à la méthode OPR), avec la réalité de la vie.

Permettre à des étudiants de se poser les bonnes questions sur leur orientation professionnelle et ce qu’ils veulent pour leur avenir, trouver la meilleure façon d’exercer leur futur métier en adéquation avec leurs valeurs. 

Je crois sincèrement que c’est en trouvant cet alignement que nous nous épanouirons au quotidien. 

Et toi, c’est quoi ton projet de vie ?

Marion Bellet, VAKOM à Bordeaux Bègles

Photo d'illustration : Honey Yanibel Minaya Cruz